Nachtrag zu meinem Album des Jahres 2025
Die französische Fachzeitung „Jazz Magazine“ ist mir bekannt seit der Mitte der 1970er Jahre, ich hatte sie zwei Jahre abonniert. Unvergesslich sind mit die beiden Rezensionen geblieben über „Get Up With It“ von Miles Davis und „Luminessence“ von Keith Jarrett und Jan Garbarek. In der letzteren begeisterte sich der Rezensent über den Ton des Saxofonisten, und verglich ihn, anhand diverser Parameter (Expressivität / Energie etc.), mit etlichen Jazzgranden von Pharoah Sanders bis Sonny Rollins. Der Titel des Werkes war titelgebend für die ECM-Vinylserie „Luminessence“, in der ausgewählte Werke der ECM-Historie in hervorragender Qualität neu aufgelegt werden, zuletzt etwa, und zufällig zwei Tage nach Ralph Towners Tod, sein exquisites Duo-Album „Oracle“ mit Gary Peacock aus dem Jahre 1994. In Kürze folgt meine Besprechung von „Oracle“.
In der ersteren versuchte der Kritiker, den Lesern des Blattes eine Pforte zum „elektrischen Miles“ zu öffnen, die noch immer dem „akustischen Miles“ und seinen zwei alten Quinetten hinterherträumten – am Beispiel der Stücke „He Loved Him Madly“ und „Maiysha“. Nun entdeckte ich auf Steve Tibbetts‘ Homepage einen „link“ im Rahmen der Besprechungen seines neuen Werkes „Close“: „Parlez Vous Francais?“ Hier der Anfang des Gespräches, aus eben jenem „jazz magazine“, der auch eine Erweiterung von Themen darstellt, die in meinem Radio-Portrait vorkamen: Steves enge Verbindung zur Musik von ECM, sowie seine Faszination für den Sarangi-Spieler Sultan Khan. Wer nicht gut unterwegs ist in dieser Sprache, kann es ja leicht mit „Deepl“ übersetzen!

Sur votre nouvel album “Close”, vous mêlez l’acoustique et l’électronique sans qu’on sache très bien ce qui est fait en temps réel ou en post-production. Pouvez-vous nous en dire plus sur le processus d’enregistrement ?
Je pilote des samples avec ma guitare acoustique [Steve Tibbetts, guitare en main devant sa webcam, joue un exemple de la sonorité hybride qu’on entend sur son disque]. Tout est donc fait en direct. J’enregistre depuis 1977, j’ai longtemps été fasciné par les capacités qu’offre le studio. La première fois que j’ai été dans un capable de multi-tracking je me suis dit « c’est ça qu’il me faut ! » Pour moi c’était le son de Tod Rundgren, Mike Oldfield, un rêve que j’avais toujours eu ? Je pensais que si une guitare sonnait bien, mille guitares sonneraient encore mieux ! Mais ça n’est pas toujours vrai. J’ai expérimenté avec ça à une époque mais maintenant c’est une démarche plus solitaire. J’ai aussi remarqué qu’à certains concerts, comme celui du violoniste Leonidas Kavakosque j’ai vu jouer du Chostakovitch en solo, il ne manquait de rien. Il y a bien des années, j’ai aussi été voir le grand joueur de sarangi Sultan Khan, et ça a changé ma façon de voir les choses. Le secret c’est d’essayer de trouver sa sonorité à la guitare avant de l’apporter à quelqu’un pour l’enregistrer.

Quand avez-vous découvert Sultan Khan ?
Mon ami, le tablaïste Marcus Wise, m’avait dit qu’il fallait absolument que j’aille à un de ses concerts, qu’il me donnerait même une place mais qu’il ne fallait surtout pas rater ça. « Marcus, j’ai fait de la musique toute la journée, j’en ai marre, là tout de suite je n’aime plus la musique ». C’était un jour où rien n’avait vraiment fonctionné musicalement, et je n’avais qu’une envie, c’était de rentrer me coucher. Mais il a insisté. J’avais quand même envie de voir les musiciens qui accompagnaient Sultan Khan : le grand joueur de tablas Alla Rakha et son fils Zakir Hussain – un de mes premiers concerts de musique indienne, c’était en 1975 avec Zakir et un flûtiste nommé G.S. Sachdev, un incroyable spectacle. C’était absolument stupéfiant de voir Sultan Khan jouer de cet instrument que je n’avais jamais vu, sa façon de promener son regard à travers la salle en jouant. Il avait facilement 30 ou 40 000 heures de pratique derrière lui, il avait dû commencer à l’âge de six ans et possédait un contrôle total sur le sarangi. Il semblait ne se soucier de rien. Alla Rakha et Zakir Hussain étaient de part et d’autre de lui, marquant des taals [des cycles de pulsations, NDLR] pendant que lui jouait son introduction en solo. J’étais fasciné, tout comme le reste du petit auditorium, rempli de musiciens bouche bée. J’ai été à quelques concerts décisifs comme ça dans ma vie.

Avez-vous le sentiment d’être plus proche que jamais du son de Sultan Khan sur votre nouvel album “Close” ?
Oui. Ou disons que c’est le mieux que je puisse faire. J’ai 71 ans, autant y passer un peu plus de temps sur un disque pour obtenir le résultat qu’on souhaite parce qu’il n’y aura pas tant d’autres occasions que ça. Je ne me projette plus quarante ans dans le futur comme jadis. Donc je suis très satisfait de cet album. Pendant l’enregistrement, mes intentions sont bonnes mais ça ne finit pas toujours bien. Souvent j’en fais trop, il y a trop d’ingrédients, et il faut revenir en arrière. Je compte donc sur Marc Anderson et d’autres pour me dire quand arrêter d’ajouter des choses. C’est aussi quelque chose que m’a appris ECM : certains albums très importants m’ont montré ce qu’on peut accomplir en restant simple. Quand j’ai reçu la lettre de Hans Wendl [qui fut longtemps l’assistant du directeur d’ECM, Manfred Eicher, NDR] m’annonçant qu’ils aimeraient travailler avec moi, je me suis précipité chez mon disquaire et j’ai acheté “Codona III” du trio Collin Walcott, Don Cherry, Nana Vasconcelos, et “Dolmen Music“ de Meredith Monk. C’était tellement génial de passer du temps avec Manfred Eicher et de lui demander comment les sessions de “Dolmen Music” s’étaient déroulées, comment ils avaient obtenu ce son sur le morceau Traveling par exemple. Il m’a dit qu’il avait dû quitter la pièce parce qu’elle était un peu tendue. Je connais Meredith aujourd’hui, nous sommes devenus amis, et elle me l’a confirmé tout en précisant que le résultat n’était pas aussi bon une fois qu’il n’était plus là. Voilà le pouvoir de cette production et de cette simplicité, sans parler du magnifique paysage sonore dont l’ingénieur du son Jan Erik Kongshaug avait le secret.*
*Im März 2026 tritt Meredith Monk in Berlin auf, wo sie dann auch den „Grossen Kunstpreis Berlin“ erhält. Auch vor dem Hintergrund ihres vielgerühmten aktuellen Werkes „Cellular Songs“ sind das gleich mehrere Gründe, Ingo J. Biermanns Film-Portrait eines Gespräches mit Meredith m März in unserer Seitenkolumne TALK zu veröffentlichen. Ein „Klassiker“ seiner „ECM Conversations“.